La Pologne a lancé une vaste opération de sécurité le long de sa frontière avec l'enclave russe de Kaliningrad, a indiqué le chef de la police nationale, Marek Boroń. Des policiers supplémentaires, des unités antiterroristes et des militaires des forces spéciales GROM sont déployés dans le nord-est du pays. Selon M. Boroń, l'opération a débuté lundi et se poursuivra jusqu'au 8 novembre au moins.
Le premier ministre Donald Tusk a déclaré mardi que des mouvements suspects avaient été observés pendant la nuit près de Kaliningrad, notamment des individus munis de lampes de poche à proximité de la zone frontalière. Il a affirmé que la réaction rapide des forces polonaises avait peut-être permis d'éviter une provocation, dont il n'a pas précisé la nature, cette semaine.
« Nous avons très rapidement mobilisé sur place les forces et les moyens de sécurité nécessaires, et nous avons réussi à empêcher toute tentative de provocation, si telle était l'intention. Bien sûr, nous ne pourrons jamais le confirmer complètement », a dit M. Tusk.
M. Tusk a ajouté que les services de renseignement évoquaient depuis des semaines la possibilité d'« actes de diversion ou de provocations plus graves » contre l'Union européenne, y compris « l'intrusion d'individus armés sur le territoire polonais ».
Les services de renseignement polonais et alliés avaient mis en garde contre d'éventuels sabotages et provocations durant la première moitié de novembre, en particulier le long de la frontière de Kaliningrad, y compris de possibles incursions de groupes armés. Ces avertissements avaient déjà placé les organismes de sécurité intérieure en état d'alerte élevé avant l'envoi des forces supplémentaires dans les régions de Varmie-Mazurie et de Podlachie.
Un centre de commandement spécial a été mis sur pied au quartier général de la police nationale pour coordonner l'opération. La police affirme que l'objectif est de protéger la population, de détecter tôt toute activité suspecte et de prévenir les attaques contre les infrastructures essentielles.
Mardi après-midi, les autorités polonaises n'avaient pas rendu publique de preuve de plans précis de sabotage ou d'attaque en provenance de Kaliningrad. Cette alerte survient après des mois de sabotages, d'incursions aériennes et d'autres incidents de faible intensité en Europe, attribués en grande partie à la Russie.
Parmi eux, des responsables polonais ont directement accusé la Russie d'un incendie criminel visant une station terrestre satellitaire Starlink en septembre. Un incendie survenu en août dans une usine polonaise qui fabrique des drones et d'autres composants militaires figure aussi parmi les incidents attribués à la Russie cette année.
Le 13 octobre, lors d'une conférence de presse conjointe avec le premier ministre de la Lituanie, M. Tusk a déclaré qu'une conversation avec le commandant suprême des forces alliées de l'OTAN en Europe, Alexus Grynkewich, avait renforcé ses inquiétudes face à la montée des menaces de sabotage, y compris d'éventuelles provocations impliquant des aéronefs ou des attaques contre des postes frontaliers.
Kaliningrad n'est bordée que par la Pologne et la Lituanie, deux membres de l'OTAN, ainsi que par la mer Baltique. Le corridor de Suwałki, situé immédiatement à l'est, est le seul lien terrestre entre les États baltes membres de l'OTAN et le reste de l'Alliance.
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